Contrôles sanitaires
Dans le Sud-Ouest, 16 % de porcs séropositifs vis-à-vis des SALMONELLES
Une enquête dans 224 élevages du Sud-Ouest met en évidence que 16 % des élevages sont séronégatifs vis-à-vis des SALMONELLES, 16 % séropositifs, les autres étant dans une situation « intermédiaire ». L´étude précise en outre les facteurs de risque de l´infection dans ces élevages.
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07 avril 2006 Claudine Gérard Vu 937 fois
A partir de prélèvements sanguins sur des porcs charcutiers en fin d´engraissement, Roxane Rossel, de l´Inpaq(1), a pu chiffrer l´impact des SALMONELLES dans 224 élevages du Sud-Ouest. Seul un est qualifié de fortement séropositif (supérieur à 90 % des porcs positifs) et 36 sont séronégatifs. Quatre-vingt-un (soit 36 %) se situent à moins de 10 % de prévalence. Quant aux autres, ils se répartissent entre ces 10 % et 90 % de prévalence, sachant que 16 % d´entre eux sont supérieurs à 40 %, taux reconnu pour être celui d´une positivité. Peut-on conclure que ces élevages du Sud-Ouest sont peu ou beaucoup « contaminés » ? Difficile de répondre en l´absence de méthodes harmonisées. Des enquêtes existent dans différents pays européens. Mais ni les prélèvements ni les analyses ne sont identiques.
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| Dans chacun des 224 élevages du Sud-Ouest étudiés, des prélèvements sanguins ont été réalisés sur des porcs à l´abattoir. ©P. Forget |
Plusieurs facteurs de risque identifiés
Roxane Rossel souligne donc qu´il faut comparer les données existantes avec prudence. Elle cite toutefois des taux de prévalence en Europe : 5 % au Danemark en 1995 lors du démarrage du plan de contrôle dans ce pays, 9 % en Allemagne, 15 % au Royaume-Uni, et 24 % en Belgique.
L´étude a permis de mettre en évidence les facteurs de risque associés à une forte séropositivité vis-à-vis des SALMONELLES. Le premier facteur identifié est celui du type d´élevage. Le risque est plus élevé chez les post-sevreurs et les engraisseurs, « probablement en raison d´un risque accru d´origines, du nombre de mélanges et des phases de transport qui sont autant de sources de contaminations entre animaux ».
Vient ensuite le type de sol : le risque est accru dans les élevages plein air ou avec des sols en caillebotis partiel, sur litière, plus à risque qu´avec du caillebotis partiel. « Ces types de sol favorisent le contact animaux-matières fécales », explique-t-elle. Par ailleurs, l´étude montre que l´antibiothérapie préventive en engraissement augmente le risque de séropositivité vis-à-vis des SALMONELLES. « Les antibiotiques ont tous une activité potentielle au niveau intestinal. Ils peuvent provoquer un déséquilibre de la flore digestive qui occasionnerait la multiplication des SALMONELLES. » A l´inverse, l´acidification de l´eau ou de l´aliment s´avère dans cette étude être un facteur associé à une faible prévalence en SALMONELLES.
D´autres facteurs de risque ont été identifiés : le contact des personnes avec des volailles (élevages intensifs ou basse-cour), la circulation de véhicules (camions d´animaux, d´aliment, équarrissage.) dans l´élevage, stockage non hermétique des cadavres. « Ces facteurs sont le reflet d´une attitude générale de l´éleveur en matière d´hygiène et de protection sanitaire de l´élevage », conclut Roxane Rossel.
Un statut qui peut vite évoluer
L´étude a été réalisée entre février 2004 et mai 2005. Qu´en est-il aujourd´hui ? La question mérite d´être posée au regard des travaux menés par Isabelle Corrégé de l´ITP.
En effet, elle a montré que le statut d´un élevage vis-à-vis des SALMONELLES est extrêmement fluctuant dans le temps. Sur huit élevages suivis pendant deux ans, quatre ont changé de statut vis-à-vis des SALMONELLES ! Sur quatre de niveaux initial « faible », deux le sont restés, les deux autres sont devenus positifs. Et sur quatre élevages à forte prévalence, deux le sont restés, et deux sont devenus plus faibles. Le plus inquiétant est que l´étude n´a pas pu expliquer ces changements de statut par des changements de pratiques. Il reste donc beaucoup de travail à accomplir dans l´étude des SALMONELLES, sachant que la réglementation européenne impose à chaque Etat-membre de proposer un plan de maîtrise des SALMONELLES en 2009 ! Il s´agira d´ici là, de connaître l´importance de la présence de SALMONELLES sur tout le territoire et d´identifier plus précisément les facteurs de risque, conditions de l´élaboration d´un plan cohérent.
(1) Interprofession porcine Aquitaine.
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