Un filtre pour faire barrage au SDRP
Laura Batista, chercheur à l’Université de Sainte-Hyacinthe, au Québec, paraît très optimiste quant au filtre qu’elle est en train de tester « grandeur nature » dans une vingtaine d’élevages du Québec. Sa particularité est d’être constitué de trois niveaux de filtration dont un qui, comme les masques utilisés dans les blocs opératoires, possède des propriétés virucides et bactéricides. Comparé aux filtres utilisés en France, ce filtre canadien (Noveko) présente, selon Laura Batista, plusieurs avantages.Outre ce filtre antimicrobien qui en fait son originalité, il peut être installé sur tout type d’entrée d’air, dans des bâtiments existants, et avec une ventilation en dépression, la plus répandue dans les élevages. Il serait moins coûteux qu’un filtre Hépa et Dop-95 et aussi plus robuste, sachant qu’il peut être lavé. Le coût annoncé est d’environ un euro par porc produit, en envisageant un remplacement des filtres tous les deux ans. Le dispositif a été testé à l’Université de Sainte-Hyacinthe, au Québec, dans le cadre d’études sur la protection des élevages contre le SDRP. Le dispositif expérimental était basé sur deux « chambres » séparées par ce filtre.Dans la première, un brumisateur vaporisait un vaccin SDRP modifié, tandis que dans la deuxième était placé un porcelet « négatif SDRP ». Deux types de filtres ont été comparés à un témoin sans filtre entre les deux chambres. Comme les expérimentateurs s’y attendaient, en l’absence de filtre, tous les porcs sont devenus positifs après leur séjour dans la chambre 2 tandis qu’avec le meilleur des deux filtres seul un porc sur vingt a été positif, preuve d’une bonne efficacité du filtre pour éviter la transmission du virus du SDRP par aérosol, « et ce, dans des conditions expérimentales extrêmes », souligne Laura Batista dans sa conclusion. Intervenue aux dernières RIPP à Loudéac le 28 mars dernier, elle a annoncé qu’une vingtaine de porcheries du Québec sont aujourd’hui équipées de ce filtre afin d’en tester l’efficacité, grandeur réelle. Elle prévient cependant que « avant d’envisager d’installer un tel système, l’élevage doit avoir un concept global de sécurité ».
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