Les pathologies respiratoires décryptées
L'enquête épidémiologique sur les pathologies respiratoires commencée en 2006 par l’Afssa de Ploufragan est unique en son genre. A partir d’une foule d’informations recueillies dans 125 élevages de l’Ouest, elle a en effet permis de mettre en évidence tous les facteurs de risque impliqués dans l’apparition de pneumonie et de pleurésie chez les porcs en croissance.
Si tous les résultats ne sont pas encore disponibles, l’étude, présentée par Christelle Fablet, permet de savoir quels sont les facteurs infectieux et non infectieux, à savoir la conduite, la configuration et la structure de l’élevage, facteurs impliqués dans l’apparition de la pathologie et, surtout, d’émettre des recommandations pour la prévenir.
Un impact de la conduite d'élevage dès la maternité
Premier enseignement, l’expression des pathologies respiratoires en post-sevrage et en engraissement dépend de la conduite dans les bâtiments pour les porcs en croissance, mais aussi de la conduite en maternité. L’étude montre par exemple très clairement l’impact des mesures d’hygiène en maternité sur l’apparition de pleurésie chez les porcs en croissance, tout comme l’impact de la coupe des dents sur la pneumonie en engraissement !
Christelle Fablet explique : « D’une part, les agents pathogènes sont transmis très précocement aux porcelets. Par ailleurs, la capacité de leur système immunitaire va conditionner leur comportement face à ces pathologies ».
Le préchauffage des salles est indispensable
Deuxième enseignement majeur de cette étude, les conditions thermiques offertes aux animaux dès leur naissance sont cruciales dans l’expression de ces pathologies. L’air froid agit de façon mécanique, en réduisant la motilité des cils vibratiles de l’appareil respiratoire, ce qui limite la capacité des animaux à éliminer les bactéries véhiculées par les poussières. Le préchauffage des salles s’avère donc une mesure essentielle, notamment en engraissement où il n’est pas encore systématisé.
Respecter les densités
Troisième point clé ressortant de l’étude, la densité des animaux et la taille des salles s’avèrent déterminants.On sait que de trop fortes densités favorisent l’apparition des pathologies, et cette enquête le démontre une fois de plus. Par ailleurs, plus les salles abritent d’animaux, plus le risque d’apparition de pneumonie ou de pleurésie est grand. D’abord parce qu’en général, la gestion de la ventilation y est plus difficile. Ensuite parce que le risque de transmission des particules augmente de façon exponentielle avec le nombre de porcs présents dans la salle.
Enfin, le respect des règles d’hygiène s’est à nouveau avéré un élément majeur : de bons protocoles de nettoyage-désinfection et le recours à la détergence en post-sevrage notamment, et l’intervalle suffisant entre bandes en sont deux éléments essentiels. Christelle Fablet explique que le respect de ces règles de biosécurité dans les élevages contribue à abaisser la pression d’infection et à rompre les cycles de contaminations entre les bandes. Elle cite entre autre la lutte contre les insectes et la propreté des couloirs qui se sont avérés deux éléments importants dans la biosécurité.
Hiérarchiser les priorités
Christelle Fablet reconnaît que toutes les mesures ne pourront pas être appliquées dans tous les élevages (notamment en raison de leur structure ou de la concentration procine dans la zone). Mais elle suggère de s’attacher à respecter prioritairement des mesures qui peuvent être mises en place, et ne pas cumuler tous les facteurs de risque.
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