LA RECHERCHE ANTICIPE LA DEMANDE SOCIETALE
La 40e édition des Journées de la recherche porcine qui se sont tenues à Paris les 6 et 7 février avaient un air de nouveauté.Outre le fait qu’elles se sont concentrées sur deux journées, avec la présentation de nombreux posters, très efficaces, qui permettent de rencontrer les chercheurs, les thèmes abordés ont pu surprendre. Pour les habitués de ce rendez-vous annuel où les chercheurs exposent le résultat de leurs travaux, nul doute que les orientations ont changé. Dans le domaine de la santé animale, pas une publication sur une quelconque maladie porcine.
Le porc en tant qu’animal à soigner a laissé la place au porc en tant que vecteur potentiel de contaminants pour l’homme (zoonose). SALMONELLES, Camyplobacter, Clostridium, Yersinia et même l’hépatite B! Afin d’anticiper des réglementations à venir et, dans un premier temps, dresser un état des lieux de nos élevages, les scientifiques évaluent les contaminations, étudient les facteurs de risque, bref, se préparent. « Ces zoonoses sont des problèmes émergents dont il faut se préoccuper avant qu’il n’y ait trop de problèmes de santé publique », concluait Gilles Salvat, directeur de l’Afssa Ploufragan, et président de la séance « santé » des JRP, justifiant ainsi ce virage de la recherche porcine : « Une filière qui sait anticiper les problèmes est une filière adulte. »
La tendance est identique dans le domaine de l’alimentation animale.On ne cherche plus, comme par le passé, à fignoler les connaissances sur les besoins des animaux, chercher des voies d’amélioration des performances, comparer les céréales entre elles… Aujourd’hui, on cherche à connaître dans quelle mesure les porcs peuvent valoriser les co-produits des nouvelles sources énergétiques (tourteaux de colza, drèches d’éthanol, chanvre…) ou encore comment, par leur alimentation, obtenir des porcs dont la viande a des avantages « santé » pour l’homme.
Même tendance dans le domaine de la conduite d’élevage et du logement des porcs. L’heure n’est plus à la quête de solutions plus performantes économiquement. Les chercheurs traquent aujourd’hui les émissions de gaz des différents modes d’élevage, et expérimentent des logements futuristes comme les truies allaitantes non bloquées ou des courettes extérieures pour les truies gestantes, avec l’espoir d’améliorer le bien-être animal et réduire les émissions de gaz et d’odeurs, et, au mieux, conserver le niveau de performances actuel.
Quant à la génétique, appelons-là à présent « génomique ».Voilà une science réservée à des spécialistes de haut niveau qui traquent le génome, identifient les marqueurs qui permettront une sélection efficace sur les performances et les qualités de viande. ! Claudine Gérard
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