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Alimentation des truies hyperprolifiques

Les éleveurs Youna affinent leurs programmes alimentaires

À l’occasion du forum Youna, techniciens et éleveurs utilisateurs de cette génétique ont échangé leurs expériences sur la mise en place des conduites alimentaires qui leur permettent d’exploiter au mieux le potentiel de productivité des truies.

04 janvier 2010 D.Poilvet Vu 5789 fois
De gauche à droite : Guillaume Naveau, Christian Gasnier et Michel Sourdioux (Gène +) ; Thierry
Solignac (Coopagri Bretagne), Olivier Seigneur, Luc Bergot, deux éleveurs Youna, Simon François et Eric
Janvier (Agrial).

De gauche à droite : Guillaume Naveau, Christian Gasnier et Michel Sourdioux (Gène +) ; Thierry Solignac (Coopagri Bretagne), Olivier Seigneur, Luc Bergot, deux éleveurs Youna, Simon François et Eric Janvier (Agrial). - © dp

Une truie sino-européenne n’a pas les mêmes besoins a l ime n t a i r e s qu’une truie d’un schéma classique européen. Ce constat a été unanimement partagé par l’ensemble des éleveurs et des techniciens invités par Gène + au troisième forum Youna qui a eu lieu le 2 décembre dernier au Mans. « Si les éleveurs maintiennent le même niveau d’alimentation, ils s’exposent à engraisser leurs cochettes de manière excessive, ce qui leur empêchera d’exprimer tout leur potentiel génétique au cours de leur carrière », a souligné Eric Janvier, technicien au groupement Agrial (voir aussi en page 40). C’est pourquoi une adaptation des programmes alimentaires est nécessaire, dont l’objectif est notamment de limiter le gabarit et la masse musculaire des truies. « C’est l’une des conditions essentielles pour qu’elles puissent concrétiser leurs performances de prolificité par une productivité élevée », indique Thierry Solignac, responsable aliment à Coopagri Bretagne, qui a le sens de la formule pour illustrer cette notion: « transformer un profil Charolais en un profil Holstein ». Mais cette démarche ne doit pas s’arrêter uniquement aux critères quantifiables de la GTTT. Elle doit également servir à améliorer la qualité des porcelets à la naissance et au sevrage, faciliter le travail de l’éleveur, améliorer la rusticité des truies… Tous ces aspects ont été abordés au travers de témoignages de techniciens et d’éleveurs, dont les stratégies alimentaires sont validées par des performances techniques de haut niveau.

 

- © dp

Michel Sourdioux, responsable génétique Gène+

Selon les chiffres de l’Agence de sélection porcine qui analyse chaque année les résultats GTTT, la truie Youna se situe en première position sur les critères de productivité. En 2008, sa productivité numérique s’est élevée à 28,7 porcelets sevrés par truie productive, et à 30,5 porcelets pour le tiers supérieur. « Ces chiffres sont le résultat d’une sélection des races pures essentiellement sur le nombre de nés vivants », précise Michel Sourdioux, responsable génétique Gène +. Mais en parallèle, le nombre de pertes sur nés totaux a également augmenté, limitant l’impact de l’hyperprolificité sur la productivité. C’est pourquoi, depuis 2007, Gène + sélectionne sa lignée sino-européenne Taï Zumu sur le critère « sevré de », en complément des critères « nés vifs » et « tétines fonctionnelles ». Depuis cette année, les lignées Large-White femelle et Landrace sont également sélectionnées sur les critères « sevrés de » et « sevrés par ». « Ces nouveaux paramètres devraient nous permettre de gagner entre 0,15 et 0,20 porcelet par portée et par an sur la Youna », soutient Michel Sourdioux. En parallèle, Gène + développe des nouveaux protocoles sur ces trois lignées constitutives de la Youna, à partir de pesées individuelles ou collectives des porcelets à la naissance et à 21 jours. « L’objectif est d’améliorer le poids moyen des porcelets à la naissance, l’homogénéité de ces poids, la capacité laitière des truies et l’homogénéité des croissances sous la mère. » Gène + estime également qu’il faut désormais sélectionner ces trois races séparément sur chacun de leurs points forts, afin de faire fonctionner au mieux l’effet hétérosis. « En travaillant ainsi, les marges de progrès peuvent être très rapides », conclut Michel Sourdioux.

 

 

 
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