
Le projet de chaudière à litière Vali avance lentement mais sûrement, aux dires de ses promoteurs, Intertec Environnement et le bureau d’études Atanor, réunis au sein de la société Exedia. Le concept sera similaire à celui d’une chaudière à bois, avec un réseau d’eau chaude et un ensemble d’aérothermes. La chaudière d’une puissance de 300 kW pourra être alimentée avec du fumier seul (ou tout autre type de biomasse) et chauffer 4 à 5 000 m2 de poulaillers. La chaudière Vali utilise une nouvelle technologie de foyer de combustion, brevetée en janvier 2011. « Elle permet une bonne maîtrise de la température de combustion pour éviter la production de polluants atmosphériques et de mâchefers », précise Bruno Adam, d’Atanor. L’une des problématiques importantes de la combustion de fumier est la production de cendres : elle peut varier entre 8 et 20 % (sur base sèche) suivant les pratiques d’élevage et le type de litière (copeaux et paille) contre 1% pour le bois. Pour y remédier, les fumées chaudes en sortie de l’échangeur passeront successivement par deux dépoussiéreurs pour atteindre un taux inférieur à 20 milligrammes par mètre cube. « Pour garantir une conformité sans faille avec l’arrêté du 20 septembre 2002, l’appareil est équipé d’un traitement catalytique final pour assurer en toutes circonstances le maintien des émissions de dioxines et d’oxydes d’azote largement sous le seuil légal », précise Martin Schlosmacher, d’Intertec. L’ensemble sera installé dans une chaufferie d’environ 50 m2. Le fonctionnement de la chaudière sera automatisé et assisté à distance. L’implication de l’éleveur dans l’exploitation de l’installation sera essentiellement le chargement de la trémie, en moyenne 2 à 4 fois par lot en fonction du type de volailles, la surveillance quotidienne et la maintenance (1 heure par semaine). L’installation est soumise à autorisation dans le cadre des Installations Classées.
Le prototype à l’échelle 1 va être construit et assemblé durant l’hiver dans les locaux d’Atanor. Après quatre mois de mise au point, il sera transféré dans un élevage de dindes (chez Jean-Michel Choquet, dans le Morbihan) pour une phase de validation finale d’un an. Exedia prévoit une commercialisation début 2013. Malgré l’investissement conséquent (350 000 à 400 000 euros, équipement complet livré et mis en service), de nombreux éleveurs ont montré leur intérêt pour le projet. « La chaudière à litière ne répond pas uniquement à une contrainte de coût énergétique mais surtout à une problématique de résorption des excédents. C’est dans certains cas, la condition sine qua none à l’agrandissement, voire au maintien de l’exploitation », explique Martin Schlosmacher.
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