Le raclage sous caillebotis arrive en élevage
Dans le cadre de la restructuration de son élevage, Michel Le Gall construit un nouveau bloc naissage dont toutes les salles, maternité, verraterie-gestante et post sevrages seront équipées du système de raclage sous caillebotis testé depuis trois ans à la station expérimentale des Chambres d'agriculture de Guernevez.
Pour justifier cet investissement, l'éleveur avance essentiellement des raisons techniques : « Je veux avant tout qu'il y ait une bonne ambiance dans les salles, afin de maintenir un bon statut sanitaire et obtenir de bonnes performances», explique-t-il.
L'évacuation rapide des déjections apporte une réponse à cette exigence en limitant les émanations gazeuses, ammoniac en particulier (voir encadré). Par rapport à des bâtiments classiques ou à d'autres systèmes d'évacuation rapide de lisier, les gains techniques sont sensibles notamment en termes de croissance et d'indice de consommation.
Le raclage installé chez Michel Le Gall appelé Prolap est un procédé inventé il y a une vingtaine d'années par un éleveur de lapins. Il est actuellement commercialisé par les sociétés Maison Bleue et Galvelpor. Sous les caillebotis, un racleur épouse la forme en W d'une dalle de béton préfabriquée large de 2,5 m, pour que sa taille coïncide avec celle des caillebotis les plus couramment utilisés. Les déjections solides sont raclées 12 fois par jour et sont collectées en bout de salle par un autre racleur qui les évacue à l'extérieur du bâtiment. Dans les creux des dalles, une fente d'égouttage de 3 mm surplombant un tuyau PVC de 10 cm de diamètre recueille les urines, qui sont également évacuées par un obus au moment du raclage.
Outre les aspects sanitaires, ce procédé a pour avantage de réaliser une séparation de phase précoce, plus performance que les centrifugeuses utilisées en tête de traitement dans les stations de lisier. Les crottes qui ressortent en bout de racleur font 30 % de matière sèche, détiennent 90 % du phosphore, et sont facilement compostables, alors qu'une centrifugeuse ne capte que 70% du phosphore du lisier.
Le raclage en V se démarque
Selon les résultats publiés par la station expérimentale des chambres d'agriculture à Guernevez (Finistère), le système de raclage en V semble obtenir les meilleurs résultats à la fois en terme de performances techniques et de rejets d'ammoniac, en comparaison avec les autres bâtiment gérés « sans lisier ».
Sur les aspects techniques tout d'abord, l'avantage en terme de croissance va aux bâtiments équipés d'un raclage en V ou d'un gisoir drainant, qui se différencient du bâtiment disposant de fonds de fosses ondulés et de celui dont le fond de fosse est séparé en couloirs (voir descriptif des salles). L'écart de GMQ varie entre 30 et 50 grammes par jour. Ces deux bâtiment permettent également de meilleurs indices de consommation (-0.15 à -0.2 point), et surtout de notes de pneumonie améliorées. « Ces écarts s'expliquent sans doute par une limitation de la pression sanitaire, notamment respiratoire », estime Brigitte Landrain, responsable de la station expérimentale.
Le raclage en V se distingue surtout des autres systèmes par un moindre dégagement d'ammoniac en fin d'engraissement. Dans ce bâtiment, les émissions nettes d'ammoniac restent stables quelle que soit la période d'engaissement. Dans d'autres salles équipées d'évacuation régulière, elles augmentent progressivement, pour atteindre en fin d'engraissement des émissions quasiment identiques à celles des porcheries où le lisier est stocké. « Cette stabilité des émissions dans le bâtiment équipé du racleur s'explique par la séparation précoce des urines et des fèces », analyse Brigitte Landrain. Pour elle, cette étude confirme nettement l'intérêt des systèmes d'évacuation rapide et régulière des déjections pour mieux maîtriser les émissions de gaz et les performances techniques. A condition qu'ils soient bien maîtrisés.
Vos réactions
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Nous utilisons actuellement cette méthode en vendée pour l'élevage du lapin depuis plus de 10 ans. Trente élevages sont équipés et produisent un compost de grande qualité avec très peu de mécanisation.Pour exemple un élevage de 600 cages mères qui devrait avoir besoin de 35 hectares de surface épandable n'en utilise que 6 ,uniquement pour les urines et eau de lavage. Le solide entièrement composté est commercialisé directement chez des particuliers, paysagistes et même en agriculture biologique puisque le produit a été agréé comme amendement organique.
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