Guernevez confirme l'intérêt du raclage en V
Le coproduit solide poussé par le racleur installé à Guernevez sort autour de 30 % de matière sèche. Il est facilement compostable, à condition d’y ajouter 2 % de paille. - © dp
Comme tous les autres procédés testés à la station de Guernevez, le raclage en V avait amélioré les résultats zootechniques de manière spectaculaire sur le premier lot de porcs charcutiers. « C’est toujours le cas quel que soit le bâtiment ou la technique testés, mais souvent les résultats se dégradent sur les lots suivants », confie Brigitte Landrain, responsable du pôle porc des chambres d’agriculture de Bretagne. Pour le raclage en V, ce ne fut pas le cas. Les résultats nettement positifs, publiés aux Journées de la Recherche Porcine de 2010 ont porté sur cinq lots consécutifs. En comparaison avec un bâtiment sur lisier, le gain de croissance s’est maintenu à plus de 50 grammes par jour, grâce à un gain d’indice de 0,1 point et une pression sanitaire limitée, notamment sur le système respiratoire. Le raclage en V maintient aussi des niveaux d’émission d’ammoniac très bas, même en fin d’engraissement, ce qui n’est pas le cas avec les autres procédés d’évacuation rapide de lisier testés à Guernevez (gisoir drainant et fond de fosse ondulés notamment). « Cette stabilité s’explique par la séparation précoce des urines des fèces », constate Brigitte Landrain.
La fraction solide poussée par le racleur atteint un taux de matière sèche de 29 %, un niveau proche de celui obtenu par les centrifugeuses. « Nous captons jusqu’à 55 %de l’azote, et 90 % du phosphore. Le raclage constitue donc une solution intéressante pour la résorption d’azote, mais aussi du phosphore », souligne Bertrand Le Bris, le respon- sable des stations d’expérimentation. Le raclage en V pour- rait donc constituer une réponse au durcissement de la réglementation sur les plans d’épandage, sur les apports de phosphore notamment.
Mais pour pouvoir être exportée, cette fraction solide doit être compostée. « L’objectif est de la sécher et de lui donner une texture qui améliore son épandabilité », précise Bertrand Le Bris. Selon les essais réalisés à Guernevez, il suffit d’incorporer 2 % de paille pour que le processus de compostage se fasse correctement. « Les températures des tas ont rapidement atteint 50 à 70 °C, valeurs suffisantes pour hygiéniser le mélange. » Le taux de matières sèches est passé de 26,7 % pour la fraction solide en sortie de porcherie, à 58 % en fin de matura- tion. Le produit final est également riche en azote total et en P2O5. « Nous sommes largement dans les valeurs qui permettent la classification du produit final en engrais organique », conclut Bertrand Le Bris.
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