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Pourquoi l’éradication du SDRP est-elle si difficile ?

Lors d’une journée technique organisée par Géosane (1), Arlette Laval, professeur à l’ENV de Nantes, a clairement détaillé tous les facteurs qui font que l’éradication du SDRP est difficile, et doit être organisée à l’échelle d’une zone géographique

29 juin 2009 C.Gérard Vu 3742 fois

- © cg

Tous les spécialistes sont d’accord sur ce constat : il est relativement facile d’assainir un élevage vis à vis du SDRP. Mais il est bien plus difficile de ne pas se recontaminer ! Arlette Laval, professeur à l’Ecole vétérinaire de Nantes, en explique les raisons.

C’est d’abord la faute au virus lui-même. Même s’il est relativement fragile (à l’inverse de virus très résistants comme le circovirus), il passe facilement d’un animal à l’autre. Un porc infecté excrète le virus de façon très « efficace » par les amygdales, les poumons, l’utérus et le sperme. Et il l’excrète longtemps : après une infection expérimentale sur des porcs, le virus a été retrouvé 14 semaines plus tard dans les amygdales ou le sperme des verrats et jusqu’à 157 jours dans le pharynx.

Autre caractéristique de ce virus, il se transmet par de multiples voies. A l’intérieur du troupeau, en premier lieu, au gré des failles dans la biosécurité : matériels, aiguilles, etc .. sont autant de vecteurs du virus. Mais il circule aussi d’un élevage à l’autre, notamment par voie aérienne. Les chercheurs discutent beaucoup sur la distance qu’il est capable de « parcourir » : quelques mètres, quelques kilomètres ? La réponse est d’autant plus difficile qu’il semble qu’elle dépende des conditions climatiques (vent, température, humidité) et de la souche. Les souches d’Amérique du Nord, beaucoup plus virulentes que les souches européennes auraient ainsi davantage de capacité à être véhiculées par l’air (sur les poussières). Il a aussi été montré que les insectes propagent le virus. On comprend donc que l’éradication sera d’autant plus difficile que la densité des élevages sera forte.

Surtout pas de cochettes virémiques !

 Une autre difficulté à surmonter pour éradiquer tient au statut des cochettes introduites dans l’élevage « Les cochettes qui entrent dans l’élevage ne doivent pas être excrétrices du virus, qu’il s’agisse du virus sauvage ou du virus vaccinal. Par contre, elles doivent être protégées » t affirme Arlette Laval qui rappelle qu’il ne faut pas oublier les verrats. Concrètement, la maîtrise du « risque cochette » passe donc par la connaissance du statut du multiplicateur (mais un statut qui n’est évidemment jamais figé), et par la conduite de la quarantaine qui feront que les cochettes n’excréteront pas de virus au moment de leur entrée dans le troupeau.

Quant aux vaccins, Arlette Laval précise que ceux dont nous disposons protègent contre les signes cliniques, mais qu’ils sont insuffisants pour faire cesser rapidement et totalement l’excrétion virale, même si leur utilisation massive et régulière contribue fortement au contrôle de la circulation du virus. De plus, il n’existe pas sur le marché de vaccin « marqueur » qui permettrait d’identifier des animaux séro positifs en raison de leur vaccination.

Un problème relatif à la gestion globale de la maladie

Au delà de ces obstacles purement techniques, l’éradication du SDRP se heurte, selon Arlette Laval, aux difficultés liées à la coordination des mesures qui doivent être prises région par région.. Contrairement à la maladie d’Aujezsky, le SDRP n’est pas une Maladie Réputée Contagieuse. Il ne donne donc pas lieu à une déclaration obligatoire. La situation reste plutôt opaque. En France, la situation de la Bretagne, contaminée, s’oppose à celle des autres régions, qui sont plus avancées dans l’éradication.  La prévalence de l’infection y est difficile à évaluer avec précision car il n’existe pas de vraie enquête de prévalence , réalisée par tirage au sort. Les données disponibles relèvent d’une compilation des résultats disponibles qui, par définition, concernent des élevages où l’on suspecte la maladie. En l’absence de déclaration obligatoire, il n’y a évidemment pas d’indemnisation de l’Etat si l’abattage est décidé, et  il n’existe pas de subventions pour le diagnostic et la vaccination, « ce qui constitue un handicap si l’on veut faire de la prévention ». Car la prévention comme l’éradication passent obligatoirement par la connaissance du statut de l’élevage. Dans ce domaine, Arlette Laval suggère de creuser la piste du dépistage du SDRP sur le jus de viande, à l’abattoir, une technique qui présente plusieurs avantages : prélever sans se déplacer à l’élevage et travailler sur un même échantillon que pour la recherche de salmonelles. @(Texte_courant_ital « Seuls resteraient à faire les contrôles sur les truies en élevage ».

Des points positifs toutefois

 On comprend que toutes ces raisons rendent l’éradication difficile. Mais Arlette Laval souligne des points positifs encourageants. Tout d’abord, seules circulent en France les souches européennes du virus qui sont très éloignées des souches américaines, plus virulentes, et sont  « indiscutablement moins dangereuses ». Autre point, l’éradication a été réussie en Pays de la Loire, et 7 ans après le début du programme d’éradication, la prévalence des élevages reste inférieure à 2 %, sans vaccin. Preuve qu’éradiquer est possible.

Les résultats du programme « pilote » d’éradication conduit aujourd’hui par l’UGPVB sur deux cantons bretons seront évidemment d’un intérêt tout particulier.

 

 

 

 
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