La productivité du travail s'améliore
De gauche à droite : Christine roguet (Ifip), Marc Touchais, éleveur à Chateaubourg et Pascal Fourchon, Coopagri Bretagne.Le forum Capig a été l'occasion de confronter les avis d'experts et les témoignages d'éleveurs sur la meilleure façon d'organiser le travail en élevage. - © dp
Selon une étude réalisée par Capig présenté le 25 juin dernier au forum du même nom, le temps de travail annuel ramené à la truie a considérablement diminué durant ces six dernières années. De 21h 46min en 2003 (1), il est passé à 18h 59min par truie en 2009, soit 2h 45min de moins. Pour Marie-Laure Saudrais, qui a réalisé cette enquête dans le cadre de son stage de fin d’études, l’augmentation de la productivité du travail s’explique essentiellement par la généralisation de la distribution automatique de l’aliment, un critère qui a été pris en compte dans le choix des éleveurs. « La productivité horaire est également meilleure dans les élevages avec plusieurs salariés », note-t-elle, mettant ainsi en avant un effet économies d’échelles lié à la taille des élevages. La meilleure organisation du travail est également évoquée. « Une standardisation de la durée des tâches se produit quand un exploitant dirige plusieurs salariés. » Par ailleurs, l’étude souligne l’importance de la conduite en bande, avec une meilleure productivité du travail pour les élevages ayant opté pour une conduite en 4 et 5 bandes au lieu de 7. « Les éleveurs ont plus de disponibilité pendant les semaines creuses. » De plus, la conduite en grandes bandes permet d’optimiser les temps de présence des employés, en permettant notamment de dégager des journées de récupération en semaines creuses. Même tendance pour les éleveurs qui conduisent en 10 bandes. « Comparé à une conduite en 20 ou 21 bandes, cette organisation permet à l’exploitant de travailler 4 heures de moins par semaine. » L’étude démontre aussi clairement que l’embauche d’un salarié lui permet de libérer des week-ends et d’allonger ses congés. Marie Laure Saudrais fait observer qu’il existe des écarts de productivité très importants entre les moins performants et les meilleurs : le temps passé par truie et par an varie de 15 heures pour les plus performants, à plus de 23 heures pour les moins bons ! Il existe donc pour un nombre important d’élevages des marges de manoeuvre afin d’optimiser le travail. Un critère essentiel, puisque ce critère représente la seconde charge financière dans le coût de production après l’aliment.De plus, diminuer le temps de travail par truie n’implique pas forcément une diminution des performances techniques, bien au contraire: dans les élevages sans salariés, un tiers des éleveurs enquêtés passe deux fois moins de temps que le tiers supérieur pour les travaux de reproduction (détection, insémination), sans que la prolificité s’en ressente. Idem en maternité où le temps passé à surveiller les mises bas n’est pas associé à de meilleurs résultats.
(1) Etude réalisée par les Chambres d'agriculture de Bretagne en 2003.
Les Pays-Bas et le Danemark champions de la productivité.
Les éleveurs hollandais et danois ont la meilleure productivité du travail en Europe, avec respectivement 181 et 136 kg de carcasse produits par heure. Les éleveurs français arrivent loin derrière, avec seulement 89 kg produits par heure. « Dans ces pays, les éleveurs passent entre 8 et 10 heures de moins par truie et par an que les français », souligne Christine Roguet, de l’Ifip. Malgré cet écart, les performances techniques sont aussi bonnes, voire meilleures sur certains points (productivité des truies notamment). « On peut expliquer ces différences par la présence de bâtiments modernes dans ces pays, grâce à la progression récente de leur potentiel de production », estime-t-elle. La Hollande et le Danemark bénéficient également d’économies d’échelle avec un nombre plus important d’élevages de grande dimension. La spécialisation des ateliers est aussi un vecteur de productivité, avec notamment le développement de grands ateliers naissage. Enfin, ces pays bénéficient d’une main-d’oeuvre plus qualifiée, donc plus productive. « Ces éléments de comparaisons avec d’autres pays plus compétitifs nous permettent de mieux cerner les leviers d’amélioration de la productivité du travail, qui doivent se situer non seulement à l’échelle de la main-d’oeuvre, mais aussi au niveau de l’exploitation (spécialisation, taille, conduite…) et des bâtiments et des équipements : âge, automatisation, conception. »
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