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Commercialisation des porcs charcutiers

La vente à livraison différée arrive au MPB

27 janvier 2012 D.Poilvet Vu 762 fois


Dans le cadre du Marché du porc breton, les éleveurs peuvent désormais passer un contrat avec un abatteur pour vendre un lot à un prix et à une date précise.

Pascal Leroy, responsable filière porc Kermené, Daniel Picart et Jean Pierre Joly, respectivement président et directeur du Marché du Porc Breton

Pascal Leroy, responsable filière porc Kermené, Daniel Picart et Jean Pierre Joly, respectivement président et directeur du Marché du Porc Breton - © dp

C’est une petite révolution à Plérin. Après 40 années de cotation bihebdomadaire constituant la seule référence de prix de vente du porc en France, le marché du porc breton lance à partir de ce mois ci la vente à livraison différée. Une idée initiée depuis le début de l’année par Kermené et Syproporcs, dont une vingtaine d’éleveurs adhérents ont vendu ainsi 14 000 porcs charcutiers. « Cette expérience a permis de tester en réel le fonctionnement de ce type de contrat inédit en production porcine », souligne Jean-Pierre Joly, le directeur du marché. Entre les éleveurs Syproporcs et Kermené, les contrats étaient passés de gré à gré. « Mais il n’est pas question de continuer de cette sorte », précise Pascal Leroy, responsable de la filière porc de Kermené. À l’image des ventes réalisées sur le marché « spot », le groupement servira d’intermédiaire, voire de caution en cas de défaut de respect du contrat par l’éleveur. Tous les groupements cotisant au MPB se sont engagés dans cette démarche. Du côté des abatteurs, seul Kermené pour l’instant s’est prononcé en faveur des ventes à livraison différée.


Un contrat entre l’éleveur et l’abatteur


Le contrat à livraison différée prend effet à une date spécifiée dans le futur. L’éleveur et l’abatteur se mettent d’accord à l’avance sur le prix de vente, la quantité et la date de livraison. Chaque semaine, le MPB réalise un catalogue de lots de porcs avec leur semaine de livraison comprise entre 4 et 18 semaines après la mise en marché. L’éleveur annonce un « prix d’objectif » que les acheteurs ne connaissent pas. Les enchères progressives se font sur internet, une fois par semaine. Elles sont limitées dans le temps à 30 minutes. Le dernier enchérisseur remporte le lot de porcs à condition qu’il ait dépassé le prix d’objectif fixé par l’éleveur. Si le lot ne trouve pas d’acquéreur, l’éleveur peut le remettre en vente les semaines suivantes. Le MPB publiera pour chaque semaine la fourchette de prix des contrats réalisés jusqu’alors. « Avec ce prix d’objectif, c’est l’éleveur qui garde la main », affirme Daniel Picart, président du MPB. « C’est lui qui décide le prix de vente de son lot en fonction de son objectif de marge. »


Les enjeux : sécuriser la marge


« En connaissant à l’avance ce que rapportera ses ventes, l’éleveur fixe sa marge », souligne Daniel Picart. Le contrat assure au vendeur une protection contre le « risque de prix ». Il le protège contre un éventuel effondrement de prix sur le marché. Mais il l’empêche aussi de tirer profit d’une hausse des cours supérieure au prix fixé. Pour aller au bout de la démarche de sécurisation de marge, l’éleveur doit aussi sécuriser ses approvisionnements, en achetant ses aliments ou ses matières premières de la même manière. Certains fabricants d’aliment proposent déjà aux éleveurs de se couvrir sur des périodes variables.


Les clés de la réussite : répercuter à l’aval


Les contrats à livraison différée ne pourront se développer que si les abatteurs y trouvent un intérêt. « Nous avons bien sûr des prévisions de besoins, variables selon les saisons », explique Pascal Leroy. « Le marché à livraison différée nous permet de sécuriser une partie de ces besoins, notamment en période de forte activité. » Une couverture qui ne devrait pas cependant dépasser 10 % du volume abattu. Il faudra aussi que le même mécanisme de vente se développe en aval, des abatteurs vers leurs clients transformateurs et distributeurs. Sur ce sujet, Pascal Leroy reste prudent : « pour le moment cela n’existe pas ». Pour Jean-Pierre Joly, les livraisons différées pourraient être aussi appliquées aux carcasses destinées aux marché export, « dont les contrats se négocient généralement sur des périodes de trois mois ».

 

 

 
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