Santé
CCPA-Deltavit propose un diagnostic au laboratoire pour cerner les causes de mortinatalité
Pour connaître avec précision les principales causes de mortinatalité en élevage, CCPA Deltavit a mis au point un protocole d´analyses qui se base sur l´observation d´un nombre important de porcelets en laboratoire.
01 juillet 2005 Dominique Poilvet Vu 2181 fois
Avec l´arrivée de l´hyperprolificité, les problèmes de mortinatalité (mortalité de porcelets autour de la mise bas jusqu´à trois jours de vie) ont fortement augmenté dans certains élevages. « Mais ce n´est pas en envoyant un ou deux porcelets au laboratoire pour réaliser une autopsie, une bactériologie et un antibiogramme qu´on peut déterminer avec précision les principales causes de mortalité à ce stade », juge Fabrice Robert, vétérinaire CCPA-Deltavit. « Seule l´observation et l´analyse de tous les porcelets morts avant trois jours sur une semaine de mise-bas a une réelle valeur diagnostique. » C´est pourquoi CCPA-Deltavit a mis au point une méthode d´analyse des mortinatalités, qui se base sur l´observation au laboratoire d´un nombre important de porcelets. Durant la semaine de mise-bas, l´éleveur doit envoyer au laboratoire les porcelets morts en maternité. Ces examens doivent être réalisés sur 50 porcelets environ. Pour faciliter le diagnostic, l´éleveur remplit un commémoratif qui détaille son ressenti par rapport aux problèmes rencontrés et ses objectifs.
Le laboratoire réalise les autopsies, ainsi que les examens parasitaires et micro-biologiques Quinze jours après, l´analyse des causes des mortalités lui est renvoyée avec les commentaires permettant de travailler sur les actions correctives.
« On s´adresse à des élevages dont le taux de mortinatalité dépasse 17 % sur les nés totaux », détaille le vétérinaire. Souvent, les causes sont très variées, mais en faisant des recoupements avec l´éleveur, on arrive au final à cerner les principaux facteurs de risque.
Fabrice Robert regroupe les causes de mortinatalité en 12 catégories. Les morts nés et momifiés représentent une part importante des mortinatalités. « Il faut dans ce cas regarder ce qui se passe au cours de la gestation et revoir également le déroulement et des mises bas. » L´analyse des porcelets a notamment permis de démontrer que certains meurent très rapidement de septicémie avant même leur naissance, suite probablement à une contamination après l´ouverture du col de l´utérus. « Ces porcelets proviennent d´un milieu stérile et n´ont aucune protection immunitaire tant qu´ils n´ont pas bu le colostrum », précise-t-il.
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| Les porcelets morts autour de la mise-bas envoyés au laboratoire sont autopsiés et examinés, pour évaluer précisément les principales causes de mortalité. ©D. Poilvet |
Beaucoup de porcelets en bonne santé meurent également après la mise bas. « Dans ce cas, on met souvent en évidence des problèmes d´écrasement, mais aussi de dépérissement lié à l´absence de tétée ou l´apparition de pathologies aiguës. »
Ce diagnostic permet la plupart du temps d´abaisser de manière importante le taux de pertes en maternité uniquement en revoyant certains aspects de la conduite d´élevage. « Dans l´un des élevages dont le taux de mortinatalité atteignait 22 % des nés totaux, l´éleveur remettait en cause la qualité de ses installations en maternité. Il envisageait d´investir dans des bâtiments neufs car il pensait que la mortinatalité importante dans son élevage provenait essentiellement d´écrasés. » Après avoir observé et autopsié 71 porcelets, les résultats sont sans équivoque : ce n´étaient pas les écrasements qui étaient la cause principale de mortinatalité, mais le faible poids des porcelets, notamment issus des multipares. « Il était donc nécessaire de revoir le plan d´alimentation de ces truies en gestation », estime Fabrice Robert.
Le laboratoire avait également décelé un nombre de porcelets morts avant la mise bas supérieur aux objectifs. « En fonction de la taille du foetus, nous avons cerné avec précision les causes de ces pertes, qui sont le plus souvent des vaccinations ou des transferts en cours de gestation ». Enfin, dans cet élevage, le nombre de splay leg était anormal. Au final, ces pertes ont été réduites grâce à une présence plus importante en maternité et plus d´assistance aux porcelets atteints.
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