Vendredi 18 mai - Saint Eric REUSSIR PORCS  »
Vous êtes iciAccueil Partenaires-Santé-HygièneLes chaleurs de lactation confirmées par une étude Ceva
Reproduction

Les chaleurs de lactation confirmées par une étude Ceva

Un intervalle sevrage-oestrus (ISO) anormalement long peut être dû à une venue en chaleur pendant la lactation, qui décale le cycle de la truie. Résultats issus d´une étude terrain, menée par Ceva, et objet de thèse de Julien Avon, jeune vétérinaire.

07 juillet 2006 Claudine Gérard Vu 2509 fois

Au moins un quart des venues en chaleur tardives après sevrage sont la conséquence de truies qui sont déjà venues en chaleur au cours de leur lactation.
C´est ce que conclut l´étude de Julien Avon pour Ceva, conduite dans sept élevages bretons sur 500 truies.
Premier constat : sur 492 truies suivies, 66 ont eu un intervalle sevrage-oestrus trop long, c´est-à-dire supérieur à sept jours. Avec pour conséquence des chaleurs décalées par rapport aux autres truies de la bande, donc une détection plus difficile et des mises bas moins groupées.

La progestérone au sevrage prouve l´ovulation
Deuxième constat : une part de ces ISO trop longue est due à une venue en chaleur des truies allaitantes. Cette hypothèse est en effet confirmée par l´analyse de la progestérone de ces truies.
Des taux « anormalement » élevés de cette hormone au moment du sevrage signent en effet la présence d´un corps jaune, donc une ovulation et un oestrus préalables. Sur ces 66 truies à ISO trop long, 16 ont présenté un taux de progestérone signant une chaleur de lactation, soit 24 % d´entre elles.

Pour Élisabeth Sallé, vétérinaire au laboratoire Ceva, cette proportion est un minimum : « Si l´on retire l´élevage qui présente des ISO longs principalement sur les primipares, ce taux passe à 40 %. De plus, l´analyse de la progestérone est particulièrement délicate et nous savons que les résultats sont sous estimés. Il nous paraît donc raisonnable de considérer que les chaleurs de lactation représentent en fait au minimum 40 % des causes de retard de venues en chaleur au sevrage ».
Restent toutefois 60 % des retards à expliquer.
L´étude montre que la grande majorité de ces truies à ISO long et sans oestrus de lactation se trouvent dans l´un des sept élevages enquêtés, et ce sont essentiellement des primipares. « Il s´agit typiquement de syndromes « deuxième portée », beaucoup plus difficiles à appréhender compte tenu des facteurs multiples qui en sont responsables », souligne Patrick Gambade, vétérinaire Sanders Bretagne, qui a suivi les essais dans quatre élevages du groupement Armorique.

Des solutions pour les élevages les plus touchés
Ce constat posé, comment palier à ces venues en chaleur de lactation ?
Pour comprendre les solutions, il faut revenir aux mécanismes hormonaux de venue en oestrus. Chez la truie allaitante, la tétée des porcelets provoque la secrétion de la prolactine, hormone qui bloque la secrétion d´autres hormones (FH, LH), hormones qui déclenchent l´ovulation et les chaleurs. Quand tout se passe normalement, cette prolactine est secrétée pendant toute la durée de l´allaitement et cesse au sevrage. Les hormones d´oestrus peuvent alors s´exprimer à leur tour, déclenchant l´ovulation, les chaleurs et la formation d´un corps jaune. L´hypothèse émise par Elisabeth Sallé est que, dans certaines circonstances, la sécrétion de cette prolactine pendant la lactation devient insuffisante pour inhiber les autres hormones, la truie ovule sans manifestation de chaleur marquée, et son cycle redémarre comme après un sevrage, alors qu´elle allaite encore.

« Le problème est de comprendre pourquoi cette sécrétion de prolactine devient insuffisante pour certaines truies : une pathologie, un défaut d´alimentation ou plus certainement une stimulation insuffisante de la part des porcelets qui tètent, peuvent en être la cause », avance-t-elle. « D´après des travaux étrangers, l´absence de stimulation de la truie par la tétée de porcelet pendant huit heures suffit à stopper la sécrétion de prolactine et déclencher une venue en chaleur. »
Élisabeth Sallé rapporte en outre que des conditions moins extrêmes peuvent en être la cause : des porcelets faibles pour diverses raisons, ou en nombre insuffisant pour stimuler suffisamment la truie. « Enlever deux gros porcelets d´une portée peut suffire à réduire cet effet hormonal de la tétée, au point de déclencher cette venue en chaleur. »

En pratique, dans les élevages à problèmes, l´attention devra donc être portée sur cette stimulation par les porcelets. Par ailleurs, le recours à une injection d´une prostaglandine de synthèse au sevrage - sur prescription vétérinaire - permet d´améliorer le groupage des chaleurs.
C´est ce que prouve une autre étude terrain réalisée par Ceva, dans un élevage breton. En comparant au sein de bandes contemporaines des truies recevant une injection de prostaglandines au sevrage(1) à celles qui n´en recevaient pas, l´essai a mis en évidence une amélioration significative du groupage des chaleurs, avec une réduction du pourcentage de truies « tardives », sans effet en revanche sur les venues en chaleur précoces (avant trois jours après sevrage) ni la fertilité et la prolificité.
Il n´existe pas à ce jour d´explication scientifique à cet effet des prostaglandines au sevrage.
Élisabeth Sallé et Patrick Gambade émettent toutefois l´hypothèse que, si la truie a eu une chaleur de lactation, la prostaglandine détruirait le corps jaune issu de l´ovulation, et permettrait alors la reprise du cycle normal de la truie.




(1) 1 ml d´Alfabedyl.
 

 

 
les adresses emails ne sont pas affichées dans les commentaires

Caractères restants - Le HTML n'est PAS accepté

Recopiez le code dans ce champ :
Code de sécurité anti spam charger un nouveau code

J'accepte les conditions d'utilisation *

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. REUSSIR PORCS se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises, qui n'engagent que leurs auteurs.

* = obligatoire !
Vous avez aimé cet article et vous désirez le faire connaître ?
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Cet article vous a plu ?
Retrouvez, chaque mois, toute l'information dans votre revue REUSSIR PORCS
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 - Groupe Reussir REUSSIR PORCS.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.

 
 

Les vidéos

  • Chemin de fer
  • Mais des pluis inégales selon les régions - Interview de Cyrille Duchesne, Météorologue Météo Consult
  • AREFA : le métier d'agent d'élevage porcin
  • Leçon de conduite en vidéo
  • Le point culture
  • Recrutement.
  • Interview
  • Interview Sébastien VIDAL
  • Section ovine
Plus de vidéos

Recherche par mots-clés

Les articles les plus...

 
 
 
 
 

À la une dans les régions

Plus d'articles en région