Filière porcine
Deux ans après son lancement, Coopagri valide le programme Lineal 5
Freiner les croissances en post sevrage, pour mieux exprimer le potentiel des porcs en engraissement, le programme Linéal 5 développé par Coopagri bouscule les habitudes des éleveurs et leur fait gagner de l´argent.
23 septembre 2004 Dominique Poilvet Vu 2063 fois
Coopagri Bretagne possède désormais suffisamment de recul et de résultats en élevage pour affirmer que le programme Linéal 5, ça marche et ça fait gagner de l´argent aux éleveurs. Preuves à l´appui : la coopérative met en avant une marge sur coût alimentaire supérieure de 57 euros par truie pour un groupe de cent éleveurs qui appliquent ce programme par rapport aux autres élevages bretons qui font la GTE. En regardant de plus près les performances technico-économiques, on remarque qu´en deux ans, leur coût alimentaire du kilo de croît sevrage-vente a nettement plus diminué que la moyenne, pour se situer aujourd´hui à moins 1,2 centime par kilo. « C´est l´effet de l´utilisation d´aliments premier âge et deuxième âge moins concentrés, donc moins chers », explique Thierry Solignac, responsable aliment à Coopagri Bretagne.
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Aujourd´hui, l´écart du prix des aliments post sevrage (toujours sur la base des GTE) atteint 20 euros par tonne en faveur des éleveurs Coopagri par rapport à la moyenne de la région. Ces aliments dits « économiques » atteignent désormais 70 à 75 % du tonnage aliment 1er et 2e âge de la coopérative. Ce programme, qui freine les croissances en post sevrage, et donc favorise indirectement un meilleur état sanitaire, a également des conséquences positives sur les taux de pertes et les dépenses de santé. « En 2003, les éleveurs Coopagri se situent à 6,8 % de pertes sevrage-vente, contre 8,1 % en moyenne en Bretagne ». Les dépenses de santé sont également en retrait : 137 euros par truie, contre 158 euros pour la moyenne des GTE bretonnes. « On ne fabrique plus le même cochon qu´avant », estime Thierry Solignac en présentant les courbes d´évolution du M2 qui évolue fortement à la hausse depuis la mise en place du nouveau programme alimentaire. « Certes, l´effet Piétrain est passé par là. Mais l´accroissement du M2 malgré une restriction alimentaire en post sevrage prouve que, malgré les idées reçues, le dépôt de muscle ne se fait pas qu´en post-sevrage ».
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Thierry Solignac reconnaît cependant que la remise en cause des habitudes des éleveurs et des « dogmes » ne se fait pas du jour au lendemain. « Nous devons éviter les caricatures. Comme pour toute technique nouvelle, il est nécessaire d´affiner le mode d´emploi de ces nouveaux aliments. Mais déjà, le programme est validé par l´approche économique que nous avons réalisée. L´essentiel étant d´améliorer le prix de revient du porc charcutier rendu à l´abattoir », conclut-il.
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