Formuler sans soja
La France ne produit que 47 % de ses protéines nécessaires à l’alimentation du bétail. Chaque année, ce sont 4,4 millions de tonnes de tourteau de soja qui sont importées, essentiellement du continent américain. Cette dépendance visà- vis des pays tiers rend les élevages vulnérables aux fluctuations des cours, comme ce fut le cas en 2009. En moins d’un an, le prix du tourteau est passé de 200 à près de 400 euros/tonnes en disponible, un grand écart qui s’explique par une marge très étroite entre l’offre, dépendante du climat, et la demande qui ne cesse de croître.
Face à cette menace, les nutritionnistes ont parfaitement cerné les possibilités de substitutions qui permettent de se passer de cette matière première en période de cours défavorables. Avec en premier lieu les protéagineux, féveroles et pois, dont le profil déséquilibré en acides aminés peut être compensé par l’ajout d’acides aminés de synthèse. L’utilisation de ces matières premières se heurte cependant à leur faible disponibilité, liée à la rentabilité insuffisante de leur culture. L’effort financier de l’Union Européenne pour relancer ces productions permettra peut-être dès cet été d’augmenter leurs taux d’incorporations dans les formules.
Le tourteau de colza est cependant l’alternative la plus crédible au tourteau de soja, grâce à la multiplication des usines de production de diester dans le cadre du « plan biocarburants ». La production française devrait atteindre 3 millions de tonnes en 2010, contre 1,6 million de tonnes en 2006. Cette matière première complète idéalement le pois, notamment dans les formules d’engraissement. Mais, la présence de glucosinolates limite encore son utilisation pour les porcelets.
D’autres matières premières pourraient être incorporées dans les formules d’aliment: avoine nue, drèches de blé d’éthanolerie… Cependant, les aspects économiques n’autorisent pas toujours leur utilisation.Comme le démontre Laurent Alibert en page 18, la notion de prix d’intérêt est essentiel pour l’utilisation des substituts au tourteau de soja. De même, les éleveurs qui disposent de surfaces cultivables doivent se poser la question de savoir si l’autonomie protéique est économiquement intéressante.Dans ce raisonnement, la place de ces cultures dans la rotation est essentiel (voir page 24, chez Alex Le Quéré). L’argumentation d’une alimentation « non OGM » peut être également décisive (voir page 26 chez Patrick Vouillon).Tout cela démontre qu’il ne faut pas raisonner l’incorporation des protéines alternatives uniquement sur leur prix d’intérêt. Les éleveurs doivent tenir compte aussi de l’ensemble de l’environnement de leur élevage. Et dans ces conditions, le tourteau de soja est bien souvent hors-jeu.
Vos réactions
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nous vivons au RWANDA , nous sommes unis dans une cooperative denomee INDYONZIZA nous possedons de 2580 porc , nous voulons avoir le partenariat avec vous pour pouvoir rentabiliser notre elevage merci KAMANA Theophile president de la cooperative INDYONZIZA
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