Le plasma fait son retour dans les aliments porcelets
«Attention à ne pas confondre produits du sang et farines animales ! », prévient Jacques Marchand, directeur des ventes de Vapran, fournisseur de plasma et d’hémoglobine pour l’alimentation animale. « Les produits de sang de porcs sont autorisés dans toute l’UE depuis 2005 et en France depuis 2006 pour l’alimentation des porcs. Il serait dommage de se priver de leurs avantages sur le plan nutritionnel et immunitaire, en particulier pour le porcelet. » Plus en détail, il existe deux produits du sang issus de monogastriques autorisés dans les formules d’aliment : le plasma et l’hémoglobine, issus de la centrifugation du sang de porc qui le sépare en ses différentes fractions. Ces produits subissent un traitement thermique très cadré par la réglementation (voir schéma), ce qui n’est pas le cas de la farine de sang qui subit un process plus simple et reste interdite dans l’alimentation des monogastriques (mais est autorisée dans les aliments pour poissons). Le plasma et, dans une moindre mesure, l’hémoglobine, avaient classiquement leur place dans les formules d’aliment pour porcelets avant la crise de l’ESB. Les formulateurs connaissaient leur intérêt sur le plan nutritionnel et leur impact positif sur la santé des porcs. Le plasma se caractérise par une forte concentration en protéines (70 à 75 %) dont une forte proportion d’immunoglobulines (anticorps) qui joueraient un rôle dans le processus immunitaire du porcelet. Par ailleurs, ces protéines sont très digestibles et le plasma, compte tenu de son appétence, est connu pour favoriser la consommation des aliments starters. Quant à l’hémoglobine, elle est surtout appréciée pour la digestibilité de ses acides aminés et sa teneur en fer. Toutefois, cette richesse en fer lui confère une couleur rouge-brun qui donne à l’aliment une teinte peu commune aux aliments porcelets le plus souvent blancs. Compte tenu de ces caractéristiques, plasma et hémoglobine revêtent un intérêt particulier dans les aliments starters (plasma) et de sevrage (hémoglobine), même aux niveaux de prix actuels. Éleveurs et fabricants doivent toutefois se plier à la réglementation qui est la même que celle qui encadre l’utilisation de farines de poisson dans les aliments (règlement CE 1292/2005), à savoir un agrément DSV pour les usines et l’impossibilité d’utiliser ce type d’aliment si l’exploitation compte des ruminants.
Par ailleurs, certains cahiers des charges proscrivent l’utilisation de ces produits dans l’alimentation des porcs, alors que, comme le souligne Jacques Marchand, l’essentiel de ces produits est utilisé en alimentation humaine, en particulier… dans les produits de charcuterie où ils sont appréciés pour leurs qualités technologiques (pouvoir liant, gélifiant, émulsifiant) et nutritionnelles. Malgré ces freins et son coût qui augmente le prix matière de l’aliment pour porcelet, le plasma en particulier s’impose à nouveau dans les formules d’aliments, généralement pour des sevrages précoces.Tandis que l’hémoglobine, plus compétitive par rapport aux autres sources de protéines, trouve sa place dans des formules 1er âge plus « classiques ».
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