La filière relance VPF
Identifier et tracer la viande de porc issue des élevages français, telle était la mission de la marque VPF lancée à la fin des années 90. La démarche avait mobilisé une bonne partie de la filière,mais, de l’aveu même de Jacques Lemaître, président de l’association VPF, la communication réalisée n’avait pas été suffisamment impactante auprès des consommateurs pour que cela ait un effet significatif sur les ventes. À l’occasion du Salon de l’agriculture, la Fédération nationale porcine, Coop de France Bétail et Viande ainsi que les abatteurs transformateurs et les distributeurs ont voulu redonner un nouvel essor à la viande de porc française. « Il faut réagir face aux autres bassins de production européens, pour gommer les distorsions de concurrence dont nous sommes victimes et enrayer notre perte de compétitivité », expliquait Jean-Michel Serres, lors d’une conférence de presse à Paris le 24 février dernier. L’objectif est d’inciter les consommateurs à préférer les produits VPF. Derrière ce logo, c’est toute une démarche d’identification et de traçabilité déjà existante qui est mise en valeur. Une démarche qui se base sur les multiples études qui mettent en évidence la quête d’authenticité, de qualité et d’origine des consommateurs. « Face à la crise économique, ils sont plus attentifs aux étiquettes des produits et sont à la recherche de plus de transparence », soutient Jean-Michel Serres.Une transparence déjà assurée au niveau de la production. Aujourd’hui, 98 % des porcs sont estampillés VPF. La traçabilité se poursuit chez les abatteurs-découpeurs. « La pérennité de notre industrie est étroitement liée à la production », souligne Thierry Meyer, représentant des entreprises françaises des viandes (SNIV-SNCP). « Chez nous aussi, la traçabilité est totale. On rentre donc naturellement dans VPF, dont nous sommes les promoteurs et les défenseurs. » La distribution n’est pas en reste, et milite fortement pour que VPF se généralise. « Nous défendons la transparence de l’origine des produits », affirme Jérôme Bédier, le président de la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution), pour qui le sticker VPF sur la viande de porc ou les produits de charcuterie est un argument de vente majeur. Le seul bémol, mais de taille, provient des salaisonniers qui ne veulent pas entendre parler d’une marque identifiant l’origine de leurs produits. Ils ne sont pas prêts à renoncer à leurs achats de viande de porc en provenance d’Allemagne et d’Espagne. « Ils sont libres de s’approvisionner où ils veulent », souligne Jean Michel Serres. « Mais ce serait une erreur de leur part de ne pas jouer la proximité. Si on parvient à redynamiser VPF et à mobiliser les consommateurs, ils seront cependant obligés d’adhérer à notre démarche. » Une première campagne de presse a déjà été réalisée dans 59 titres de la presse quotidienne régionale les 26 février et 3 mars dernier, avec la signature « fiers de nos éleveurs ». Pour relayer l’information dans la durée un site internet a été créé (www.vpf.fiersdenoseleveurs.fr). La grande distribution s’engage également à relayer cette campagne dans ses espaces publicitaires, et à améliorer la visibilité de VPF dans les linéaires.
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